Décembre 1993

LAPATAIA, LE BOUT DE LA PISTE

Avez-vous passé de bonnes fêtes de fin d'année? Nous aussi, merci!!!Nous profitons au mieux de l'été Austral. Les premières lueurs du jour apparaissent dés 4 heures et la nuit survient à 23 heures. Mais surtout n'allez pas imaginer que l'on roule pendant 19 heures!!!. Si pour nous, un Noël et un jour de l'an sans froid et san sneige peut paraître bizarre, en revanche les autochtones profitent d'un temps clément pour aller pique-niquer. Que mangent-ils? Ils dévorent un ENORME "asado de cordero" de plusieurs kilos, cuit au feu de bois.Nous découvrons les pingouins de Magallanes dans leur milieu naturel, la baie du Seno Otway (banlieue de Punta Arenas). Ils occupent ce territoire d'octobre à mars pour leur reproduction. Les 3/4 repartent dans les îles Malouines. Du haut de leur 70 cm, habillés d'un costume de soirée noir et blanc, mais sens le noeud papillon!!, ils se dandinent sur la plage et autour de leurs nids. Ces derniers sont des sortes de terriers pas plus profonds que leur taille où ils viennent pondre leurs oeufs et dormir. Entre dix heures et vingt heures, ils partent en mer en quête de nourriture et pour initier les jeunes à la chasse.Arrivés au bout du continent, nous traversons le détroit de Magellan inhabituellement calme. La Terre de feu nous accueille. Nous roulons tout d'abord dans un paysage de pampa avant de franchir pour la dernière fois, la cordillère des Andes où les forêts et les lacs sont omniprésents. Ici, les sommets culminent à 1 500 m. La plus part de la population de l'île se répartit en trois villes. Port-Venir côté chilien, Rio Grande et Ushuaia,, côté argentin. La colonisation s'est effectuée à la fin du 19ème siècle. Trois ethnies indigènes survécurent jusqu'aux environs de 1930 avant d'être exterminées par les colons qui venaient du Chili. Les "Onas" vivaient en nomades sur la pampa et se nourrissaient de guanacos. Les "Alakalufs" et les "Selk-man" peuplaient les îles et la côte. Les algues, poissons, crustacés, lions de mer constituaient leur nourriture. Pratiquement sans habits; ils se chauffaient avec de grands feux de bois perpétuellement allumés. De ce fait, les navigateurs espagnols dénommèrent l'île : Tierra del Fuego.Ushuaia signifie : tournée vers l'ouest. En réalité, notre boussole indique le sud. Petit port du bout du monde sur le canal de Beagle, il y a 10 ans. Aujourd'hui, Ushuaia met les boeufs avant la charrue. Immense chantier où vivent 30 000 habitants, elle attire les touristes du monde entier grâce à sa publicité : "Ushuaia fin del mundo". La plus part des infrastructures touristiques sont aussi chères que sur la côte d'Azur sans en donner toutes les commodités. Au lieu de respirer l'air pur des montagnes ou l'air marin, les étrangers profitent abondamment des nuages de poussière. Pour nous, le bout de la piste se situe plus loin, dans la baie de Lapataïa. Trois jours de camping dans la nature, nous permettent de voir une faune, composée d'oiseaux de toutes espèces, lapins et surtout des castors. Ces derniers furent introduits en 1946 pour l'exploitation de leur fourrure. Protégés depuis la création du parc national, ils modifient la physionomie du paysage. Ils barrent les cours d'eau, construisent des digues et leurs habitations en abattant de nombreux arbres. Les inondations ainsi provoquées causent la mort de la végétation, occasionnent la prolifération des insectes et des oiseaux, ce qui fait le bonheur des canards.Le 12 janvier 1994, au terminus de notre aventure, nous avons effectué 17 100 kms dont 7 200 kms de piste, franchi 145 cols et cumulé 165 578 mètres de dénivellée.

Nous voyageons pour vérifier nos rêves.